ASHKIDD

ASHKIDD

+ GUEST


samedi 26 février 2022 à 20h30
Prévente : 21,99 € | Sur place :24 € | Grande Salle


Saag le Moulin en accord avec Arachnée Productions présente : ASH KIDD. Il suffit de parler quelques instants avec Ashkidd pour comprendre à quel point le contraste est saisissant entre le jeune homme que l’on connaissait il y a deux ans via l’EP Stéréotype, et l’artiste que l’on (re)découvre à présent : plus mature, plus lucide et, surtout, toujours plus en phase avec son propos. Il faut dire que le Strasbourgeois travaille depuis deux ans sur non nouvel album. À la frénésie de sons qui agite le paysage rap hexagonal, Ashkidd a donc privilégié l’accalmie, la réflexion, la recherche de singularité : « Au lieu d’enchainer les projets et les tournées, il fallait que je prenne du temps pour moi et ma famille, mais aussi pour comprendre qui je suis réellement. L’écriture s’est rapidement imposée comme une thérapie. La composition également : c’était une façon de me maintenir en vie. »


Ces vingt-quatre derniers mois, Ashkidd a mis au point plus de 200 morceaux. Le chiffre est conséquent, mais finalement logique de la part d’un artiste qui écrit tous les jours, parfois simplement dans l’idée de tester de nouvelles rimes, de nouveaux flows. « Il faut que chacun de mes morceaux ait une vibe différente. Tout simplement parce que c’est en m’éloignant de ce que je faisais par le passé que je peux aujourd’hui me rapprocher de qui je suis. » Soit un fascinant mélange de textes mélancoliques, de refrains attrapes-cœurs et de mélodies sophistiquées, qui s'éloignent régulièrement des beats hip-hop pour dériver aux confins de la pop et d’atmosphères hybrides, à la fois planantes et enivrantes, sombres et extatiques. « HALLUCINATIONS » en atteste : composé aux côtés de Dany Synthé, mixé par N.kF, ce premier single a été pensé comme une porte d’entrée vers un univers plus profond, consistant et singulier que les morceaux de Stéréotype et Mila 809 ne le laissaient penser. « C’est sans doute le morceau le plus accessible de mon répertoire. D’ailleurs, il est né à l’instinct, comme s’il s’imposait de par son évidence. Il a ce côté festif qui peut permettre aux gens de comprendre ma musique avant d’entrer pleinement dans le reste de mes morceaux, peut-être plus étranges. » Que ce soit sur « NOVEMBRE », « CHEROKEE » ou « ATLANTIS », Ashkidd semble de toute façon n’avoir qu’une obsession : exposer son intimité pour mieux toucher à l’universel, privilégier les pas de côtés aux voies trop balisées. Sur « Rouge », il réussit même l’exploit de convier MC Solaar à poser un couplet technique et poétique, créant une filiation évidente entre l’auteur de Prose combat et lui : ils s’appellent Claude, ont ce goût de la rime bien ficelée et des instrumentations soignées, et excellent tous les deux lorsqu’il s’agit de mettre en son un rap musicalement riche et profondément introspectif. « Il n’y pas forcément de fil rouge dans ce nouvel album, mais tous les morceaux racontent la personne que je suis et ma perception du monde. Ça reste du storytelling, mais l’idée est de s’amuser. » À l’image de « HALLUCINATIONS », donc, qui s’appuie sur quelques notes de guitares et de piano pour narrer une peine amoureuse, sans que cela soit torturé ou impudique, mais plutôt raffiné, dansant et léger. C’est là tout l’intérêt de la musique d’Ashkidd, rarement aussi captivante que lorsqu’elle se montre très fâchée avec les compromis et les évidences.