FKclub in KOYAANISQATSI

FKclub in KOYAANISQATSI

+ FOODING par CATERINE et VINS NATURES par LA SOURCE


vendredi 29 avril 2022 à 19h00
Prévente :  € | Sur place : € | Grande Salle







FKclub in KOYAANISQATSI    

Dans le spectacle saisissant des immenses images de Geoffrey Reggio avalant le regard, les deux percussionnistes et la tour de claviers et de machines pilotée par FKClub s’incrustent par flashes dans un mélange déstabilisant d’espaces, de reliefs et de profondeurs : quand on n’arrive plus à savoir si l’on est plutôt désorienté par ces silhouettes d’instrumentistes vis-à-vis de la narration du film, ou si ce sont plutôt ces images se ruant au visage à grands coups de travellings et de time-lapses qui fracturent elles-mêmes les perceptions du jeu scénique, la disruption opère : car il n’est ni question de regarder un film (fût-ce un chef d’œuvre), ni d’assister à une hybridation instrumentale (fût-elle dangereusement performative), mais d’être plongé au cœur d’une expérience où se télescopent temps réel et temps distancié, monde réel et monde fantasmé, humains et images d’humains, machines et images de machines, perspectives projetées et profondeurs matérielles. FKClub In Koyaanisqatsi n’est pas un ciné-concert : c’est une rencontre sans filet entre créateur et instrumentistes, directement plongés au cœur d’une image elle-même en constante bascule, faisant autant du film de Reggio un 3ème instrumentiste de FKClub, que des trois performers de FKClub des personnages imprévus au script, capturés inopinément dans l’image comme des essences shamaniques. On en ressort chaviré, déboussolé, désorienté, et vibrant, tous les sens en alerte et le cerveau en ébullition.


Le créateur de « FKClub In Koyaanisqatsi »    

On peut considérer qu’un projet de totale réécriture d’une bande originale initialement signée Philip Glass est présomptueux, ou fou : il n’a pourtant évidemment jamais été question pour Marc Lapeyre de prétendre damer le pion à l’un des compositeurs les plus influents du siècle, mais de renflammer une histoire d’amour dévorante avec le cinéma avec un matériau hypnotique d’une grande liberté, pensé sous forme de performance-hommage à la vision époustouflante filmée par Reggio quarante ans auparavant, à laquelle l’apparition de la pandémie mondiale de Covid19 s’est mise à faire écho. Ex-activiste du célèbre collectif Finder Keepers, tour à tour multi-instrumentiste, accompagnateur, producteur, arrangeur, DJ, farouche défenseur de Live-Acts, organisateur de soirées-concept (les « Mix en bouche ») ou monteur vidéo, Marc Lapeyre a cosigné nombre de musiques de productions porno françaises diffusées sur Canal+ (il est resté longtemps le « M. Musique » du Journal du Hard) avant de poursuivre une carrière de compositeur pour la télévision, et d’illustrateur sonore pour les grands évènements. Désormais seul aux commandes du projet FKClub après une longue période passée à Los Angeles, il mobilise des parties de batterie live au service de technologies sophistiquées et d’univers troubles depuis son home studio de Marseille à deux marches d’un cerisier centenaire, où il crée dans l’obscurité d’une ville antique et aveuglante cette darkside hédoniste de dandy décalé.


Les musiciens    

D’origine finlandaise, David Lillkvist n’a cessé de marquer son parcours d’une culture bicéphale en opposant à la rigueur de l’Académie Royale de Stockholm des voyages d’initiations aux percussions ethniques en Inde ou en Gambie, à son statut de musicien Philarmonique des accompagnements pour le Norrdans Dans Teater ou les Ballets Preljocaj, et à son passage dans Gjallarhorn la création du trio jazz international Telescope Road ou ses participations au collectif AixInki. Actuellement résident Suédois, il se produit régulièrement dans toute l’Europe et au Japon. Ex-jeune prodige de l’école Agostini, le batteur versaillais Guillaume Marnez partage son temps entre une prolifique carrière de sound-designer pour les grands groupes télé (Canal+, France Télévision, TF1) et un statut de sideman le faisant régulièrement apparaître dans les formations regroupant la fine-fleur de la scène rock/pop/indé parisienne au sein de Stanislas, d’Anoraak et d’Encore! quand il n’est pas sollicité à l’international pour accompagner les tournées et les enregistrements de Rich Aucoin ou de Peter Peter.


Le Film    

Koyaanisqatsi est une œuvre expérimentale réalisée par Godfrey Reggio sortie en 1982, premier volet de la Trilogie des Qatsi (Koyaanisqatsi -1982, Powaqqatsi -1988, et Nagoyqatsi -2002). Le mot Koyaanisqatsi est tiré de la langue hopi et signifie « Vie folle, Vie tumultueuse, Vie en déséquilibre ou Vie se désagrégeant. » Les Hopis ( « le peuple de la paix » en français) font partie du groupe amérindien des Pueblos d'Amérique du Nord, voisin des Navajos. Ils vivent dans le nord-est de l'Arizona, dans la région aride des Four Corners. Le film n'est pas une œuvre narrative mais un documentaire. Le réalisateur confesse qu'à l’origine, il ne voulait même pas lui donner de titre. Il propose des images jouant sur les échelles d’espace et de temps pour offrir une vision du monde et inviter le spectateur à conclure dans le sens qu’il jugera bon : on peut le considérer comme une description enthousiaste de la technologie, ou au contraire, comme une vive critique de celle-ci. Du long travelling arrière d’ouverture à la spectaculaire séance finale, l’utilisation de la technique de l'intervallomètre (ou time-lapse) est omniprésente ; associées au fait que l'usage du verbe a été délibérément écarté, les images de Koyaanisqatsi sont effectivement étonnantes : elles furent considérées comme très novatrices lors de sa sortie, et marquent encore le film, 40 ans plus tard, d’une force et d’une empreinte grandioses. La musique (entretemps devenue culte) du compositeur Philip Glass a été spécifiquement étudiée pour les accompagner et en renforcer l’effet dramatique. Depuis 2000, Koyaanisqatsi est classé au « National Film Registry » de la Bibliothèque du Congrès à Washington.


Le réalisateur    

Ancien séminariste, Godfrey Reggio a consacré quatorze années de sa vie au jeûne et à la prière ; dans les années 60 il enseigne dans les écoles primaires et secondaires et à l'université, et fait partie des créateurs de Young Citizens for Action, une association d'aide aux jeunes délinquants. Il cofonde par la suite la Clinica de la Gente, qui aura permis à 12.000 personnes de Santa Fe de bénéficier d'une assistance médicale. En 1972, il crée enfin l'Institute for Regional Education qu’il consacre au développement des médias, des arts, et à l'organisation de la société et de la recherche. Deux ans plus tard, il bénéficie du soutien de l'American Civil Liberties Union pour organiser une campagne multimédia sur les violations du droit à la vie privée et l'utilisation de la technologie pour contrôler l'individu : c’est de ce travail que naîtra l’idée de la trilogie.